8. Deuxième République : 1ère partie (1972-1975)

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Le 27 juillet 1972, le général Gabriel Ramanantsoa (photo) soumet son programme à un référendum. Le 8 octobre 1972, trois millions de « oui » contre 103 000 de « non » entraînent la démission du président Tsiranana. De nouvelles institutions se mettent en place. Une constitution flambant neuve est adoptée le 7 novembre 1972 : les accords de coopération franco-malgaches sont renégociées. En effet, des mesures radicales sont adoptées. Début 1973, Madagascar crée sa propre Banque centrale, sa monnaie et se retire de la zone franc. En juin de la même année, la France et Madagascar signent un accord d’évacuation des armées françaises basées dans la région de Diégo-Suarez. Au plan international, Madagascar se tourne vers les pays du bloc communiste. Cette politique est largement inspirée par un jeune ministre des Affaires étrangères : le capitaine de frégate Didier Ratsiraka.

Indépendance totale, fin du « néocolonialisme », tels sont les objectifs exprimés par l’équipe dirigeante. Les résultats économiques ne vont malheureusement pas suivre. Les prix augmentent tandis que la notion de « malgachisation » (« être libres, indépendants et créer une renaissance malgache ») est de plus en plus populaire parmi la jeunesse. La révolution, autre mot d’ordre, mobilise étudiants, ouvriers, paysans et soldats. En 1973, les révoltes se multiplient.

En 1975,  Madagascar connaît une instabilité permanente et les affrontements politiques s’accentuent… Quatre chefs d’Etat se succèdent : le général Ramanantsoa (démissionnaire en février pour des raisons encore inconnues à ce jour), le colonel Ratsimandrava, ministre de l’Intérieur (assassiné dans son véhicule d’une rafale d’arme automatique six jours après son accession au pouvoir), le général Andriamahazo (démis en juin 1975 par le Directoire militaire qui avait alors pris le pouvoir en proclamant la loi martiale). C’est à la faveur de cette période trouble que le jeune capitaine de frégate Didier Ratsiraka (photo) est nommé à la tête d’un directoire militaire.

En août de la même année, la charte de la révolution socialiste malgache est élaborée à l’initiative des partis politiques proches du président. Elle proclame solennellement : « nous n’avons qu’une seule solution : être ou périr. Nous avons choisi d’être ! Indépendants, libres, fiers en justice et paix. Coûte que coûte. » En décembre 1975, après avoir publié son « Boky mena » (« Livre rouge ») et nationalisé les principales sociétés postcoloniales françaises (banques, assurances, hydrocarbures, concessions agricoles et minières, etc), l’évolution « révolutionnaire » du régime, version tropicale du marxisme, est approuvée par référendum. Le 4 juillet 1976, avec 94,96% des voix, Ratsiraka est plébiscité président d’une nouvelle République démocratique de Madagascar. Le pays se referme sur lui-même, dans tous les domaines, pour une lente « incubation des consciences ». En effet, l’Etat contrôle désormais les banques, les assurances, les trois quarts du commerce d’import-export ; la centralisation est extrême. L’autogestion ouvrière est instituée, les entreprises fleurons de la période coloniale sont nationalisées.

La lutte contre l’analphabétisme est intense, les étudiants et l’armée sont mis à contribution. Sur le plan international, Madagascar prend ses distances vis-à-vis de la France et entreprend une diplomatie très diversifiée : ouverture vers l’Asie (Indonésie, Inde, Japon), échanges avec les Etats-Unis, mobilisation pour l’Unité africaine, accords de coopération avec l’URSS, la Chine et la Corée du Nord. Les dirigeants ont l’ambition de « donner à Madagascar une voix qui s’entende dans le concert des nations » (selon leurs termes). Cette voix s’exprimera notamment contre l’apartheid et pour la libération de Nelson Mandela.

La langue malgache, parlée dans tout le pays depuis deux mille ans, est remise à l’honneur dans le système éducatif et redevient langue officielle après sept décennies de répression linguistique. Enfin, les revendications de « malgachisation » sont prises en compte. L’Etat investit dans les infrastructures, la santé, l’industrie. Mais, parallèlement, la démocratie régresse.

7. Première République : les 14 années de Tsiranana (1958-1972)

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Réélu le 30 mai 1965 avec 97% des suffrages jusqu’en 1972, Philibert Tsiranana aura fait 13 ans de pouvoir. Durant ces 13 années, il aura laissé la part belle à la présence française, toujours aussi importante dans les secteurs clés de l’activité du pays, notamment économiques, mais aussi politiques et culturels. Sur le plan économique, l’indépendance n’a pas stimulé les ardeurs.

La vie politique connaît une effervescence  sans pareille. De nombreux partis se créent. Une bipolarisation s’installe entre le Parti Social Démocrate (PSD) et le Parti du congrès de l’indépendance (AKFM). Madagascar développe une diplomatie active : ouvertures d’ambassades dans le monde entier, constitution de l’Organisation de la Communauté Africaine et Malgache (OCAM) , rôle actif dans l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA).

Sur le plan intérieur, malgré quelques initiatives portant sur le développement agricole et l’essor de l’industrialisation, le régime stagne. L’opposition critique cet immobilisme faisant remarquer qu’en bien des domaines, l’indépendance n’est que formelle, et que la politique du président Tsiranana est « néocolonialiste ». Favorable à « l’existence d’une opposition contradictoire et systématique », ­Tsiranana laisse l’opposition le critiquer. En « socialiste libéral », il donne les clés au secteur privé. La situation économique s’améliore, mais il faut dire que le président bénéficie d’un soutien financier sans faille de Paris. Mais de quelle indépendance ­parle-t-on? En effet, les entreprises françaises et les colons réunionnais ont conservé l’essentiel de leurs privilèges et continuent de dominer l’économie. Les transports sont de plus en plus insuffisants, l’urbanisation devient anarchique. Enfin, l’installation au pouvoir de l’Etat PSD s’est accompagnée de détournements de biens publics, de corruption et de privilèges.

L’opposition se cristallise autour de l’AKFM, dirigé par le Pasteur Andriamanjato, et du Mouvement national pour l’indépendance de Madagascar (MONIMA), fondé par Monja Jaona. Seule la scolarisation est à mettre à l’actif du régime. Mais cet effort soutenu va précisément contribuer à sa chute : malgré ces efforts, l’enseignement n’a guère évolué.

Au début des années 1970, les étudiants contestent de plus en plus la soumission de leur président aux lobbies d’affaires de l’ancienne puissance coloniale. « On a voulu faire passer Tsiranana pour un valet de la France. C’est en fait plus complexe. C’était un nationaliste modéré, un francophile qui ne souhaitait pas la rupture avec l’ancienne métropole», soutient Denis-Alexandre Lahiniriko, auteur d’un travail historique sur le premier président la République malgache. Face à un « hit-parade » venu de France et d’Amérique (Les conseillers français restent en place, jusque dans l’entourage le plus proche du président. L’armée aussi, puisque la France maintient ses bases militaires. Quant aux investisseurs français, ils monopolisent les richesses), ils sont des dizaines de milliers à entonner en malgache des chansons politiques du groupe Mahaleo. C’est la période où la « malgachisation », un mouvement pour l’adaptation de l’éducation aux réalités culturelles en sociales du pays s’étend à toutes les universités malgaches.

Incapable de voir l’évolution idéologique de l’intelligentsia malgache, bercée d’idéaux marxistes, Tsiranana n’écoute plus grand monde après ses réélections en 1965 et 1972. Affaibli par une maladie cardiovasculaire qui l’oblige à s’absenter du pays, il devient autoritaire et voit des complots partout. Mais il ne sent pas arriver la contestation. La jacquerie de 1971 dans le Sud et la révolte de 1972 à Tana lui seront fatales.

En avril 1971, la brutale répression d’une révolte lancée par le MONIMA dans la région de Tuléar provoque la mobilisation des étudiants. L’université de Tana ferme en mars 1971. Grèves, manifestations, révoltes se succèdent pendant plus d’un an. Le 13 mai 1972, la police tire sur la foule. Les 42 morts la capitale entraînent la chute du président Tsiranana, qui remet ses pouvoirs au général Gabriel Ramanantsoa, chef d’état-major de l’armée. Cette date marque pour beaucoup, plus que celle de l’indépendance, la fin de la colonisation française à Madagascar. Ella aura duré 75 ans.

6. L’indépendance : les années 1950 et la libération

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Le gouvernement colonial multiplie dès lors les efforts pour améliorer l’économie, développant le réseau routier et exploitant plus méthodiquement les gisements de charbon. Toutes les tentatives de réformes politiques se brisent en revanche sur les intérêts coloniaux. Durant les années 1950 l’autonomie de l’île est renforcée. En effet, la vie politique se structure en employant les espaces de liberté existants et en s’appuyant sur chaque réforme, comme la « loi-cadre » élaborée par Gaston Defferre, ministre socialiste de la France d’outre-mer, en 1956.

Toutefois, de réforme structurelle en changement institutionnel, il faudra attendre l’impulsion radicale donnée par le général De Gaulle à la politique française pour que Madagascar retrouve son indépendance. Pour le chef de la France libre, la colonisation était un anachronisme. Le 22 août 1958, au stade municipal de Mahamasina, à Tana, et en présence d’une foule monstre qui l’écoute dans un silence religieux, De Gaulle prononce une phrase restée célèbre dans la capitale : « Demain, vous serez de nouveau un Etat, comme vous l’étiez quand le palais de vos rois était habité »…

La Constitution de la Vème République française est approuvée par 78 % de l’électorat malgache et Madagascar devient une république autonome dans le cadre de la Communauté française le 14 octobre 1958. Philibert Tsiranana (photo), ancien député de l’Assemblée nationale française, ancien bouvier et instituteur de l’ethnie tsimihety du Nord-ouest du pays, et chef du Parti social démocrate, devient le premier chef de gouvernement, le 1er mai 1959, à l’unanimité. Son programme se résume à ce slogan : « Asa fa tsy kabary », soit : « Travaillez, ne faites pas de discours » et les institutions sont très proches de celles de la Vème République française.

Le 26 juin 1960, le choix radical est scellé par une déclaration franco-malgache : « La République malgache accède en plein accord et amitié avec la République française à la souveraineté internationale et à l’indépendance. » Cette date devient la fête nationale du pays et la date officielle de son indépendance.

5. La colonisation : 2ème partie (La Seconde Guerre mondiale : un pas vers la décolonisation)

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En mai 1942, soit deux ans après la débâcle française face à l’armée allemande, les Britanniques, craignant que le Japon ne s’empare de Madagascar – alors aux mains du gouvernement de Vichy – envoient dans l’île un corps expéditionnaire. L’année suivante, les forces britanniques et sud-africaines rendent la colonie aux Forces françaises libres, sous l’insistance du général De Gaulle. Madagascar devient même un territoire d’outre-mer en 1946 ! Dès lors, l’île apporte une importante contribution à l’effort de guerre pour la libération de l’Europe. Des militaires de carrière, des soldats malgaches partent combattre les armées nazies en France, ce qui entraînera les patriotes de la Grande Ile à revendiquer de nouveau l’indépendance : « Nous apportons la liberté à ceux qui nous la refusent ! » Ironie du sort, c’était à Madagascar que les nazis avaient prévu de se « débarrasser » des Juifs jusqu’en 1942 à la conférence de Wansee…

L’Ile Rouge est dotée d’une assemblée élue, aux pouvoirs limités, dont le parti est le Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache. L’administration coloniale suscite un parti pro-français, le PADESM (Parti des déshérités de Madagascar), et de nouvelles sociétés secrètes, qui intégrent le MDRM et prônent le recours à des solutions violentes. Des rumeurs d’insurrection courent partout dans les rues durant tout le mois de mars 1947, qui finit par éclater le 29, notamment dans l’Est, où les paysans attaquent systématiquement les plantations et exécutent les membres du PADESM. Cette guerre de guérilla va durer 21 mois. La réaction de la colonie ne se fait pas attendre : les trois députés MDRM, Ravoahangy, Rabemananjara et Raseta, sont arrêtés, et la répression militaire devient féroce. L’estimation sur laquelle les historiens s’accordent actuellement est de 100 000 morts du côté des insurgés, mais ce chiffre est sans doute sous-estimé, d’autant que, dans les mois qui suivirent, beaucoup de ceux qui s’étaient réfugiés dans les forêts moururent de maladies et de privations.

Les témoignages font état d’arrestations arbitraires, de tortures et de massacres. Ravoahangy et Rabemananjara sont arrêtés à Tana, Raseta à Paris : leur immunité parlementaire est levée, bien qu’ils aient toujours nié leur participation au mouvement insurrectionnel. Le procès a lieu à Tana en 1948, dans un climat de haine : Ravoahangy et Raseta sont condamnés à mort. Finalement graciés, ils ne sont libérés qu’en 1965. Le rôle des différents protagonistes dans le déclenchement de l’insurrection n’a pas été éclairci : ni celui de l’administration coloniale ni celui des sociétés secrètes qui avaient intégré le MDRM.

Pour le Guide du Routard, une question reste posée : qui a donné l’ordre de l’insurrection ? le MDRM en a été rendu entièrement responsable, en dépit de ses dénégations, alors même que ce parti avait toujours milité pour un accès à l’indépendance par les voies démocratiques. L’administration coloniale s’inquiétait énormément de leur succès grandissant et avait sans doute quelque intérêt à porter un coup d’arrêt au succès politique de ce parti qui bénéficiait d’une aura populaire à Madagascar et du soutien des partis de gauche en France.

Pour Le Petit Futé, c’est  le MDRM qui déclencha l’insurrection dont le mot de passe était « vorona » (oiseau) et n’avait fait qu’exiger l’application de la Constitution française de 1946 qui stipulait : « la France entend conduire des peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s’administrer eux-mêmes ».

L’ouverture des archives pourra peut-être fournir de nouvelles données. Quoiqu’il en soit, au cours des douze années suivantes, les révoltes n’auront plus jamais cette ampleur puisque l’aile radicale du mouvement patriotique a été décimé. Les députés déportés sont considérés comme des symboles de résistance. Le député-poète Jacques Félicien Rabemananjara écrit en prison O liberté. Voici un extrait de ce poème célèbre : « Vaine l’étreinte des horizons. La voûte même du ciel éclatera. Madagascar ! Je te salue. Ile ! Des confins de mes tourments, je t’adore ! Ta beauté ! Ma droite la brandit jusqu’à hauteur des astres, Madagascar ! »

4. La colonisation : 1ère partie (1896-1938)

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Le général Gallieni (photo ci-contre), arrivé le 16 septembre 1896, fait de l’île un pays qui n’a plus d’autres frontières que la mer et une diplomatie humiliante pour Madagascar : c’est l’heure de la « politique des races » décrétée par Gallieni, de l’imposition coloniale dans tous les domaines, tant économiques que culturels et sociaux.

Le général a beaucoup de mal à lutter contre les bandes d’insurgés qui continuent d’attaquer les missions et les établissements étrangers. Il met par ailleurs en place une administration territoriale qui s’appuie sur des fonctionnaires autochtones, formés par la colonie pour servir de courroie de transmission. Il développe le réseau des communications, l’instruction publique et la santé, et instaure aussi un impôt par capitation, censé « stimuler l’énergie des indigènes et les amener à vaincre leur répugnance à un travail suivi ».

Les gouverneurs qui succèdent à Gallieni poursuivent la mise en valeur de l’île, avec notamment un développement des cultures comme le sisal ou le tabac et une exploitation de minerais. Mais les pressions qui s’exercent sur les populations, la concession de terres à des colons et à de grandes compagnies coloniales de métropoles pèsent lourdement sur les relations entre la population et l’administration coloniale.

Les Hautes Terres, favorisées par la douceur du climat, deviennent une colonie de peuplement, où s’établissent de nombreux colons français, tandis que Diégo-Suarez, dans le Nord, devient la plus importante base navale française de la région, protégeant la route de l’Indochine.

Durant la Première Guerre mondiale, 45 863 Malgaches s’engagent dans l’armée française. Parmi eux, le bataillon des chasseurs malgaches se distinguera par son courage en Champagne, en 1918. Le prix du sang versé ne ralentit nullement la poursuite intensive de l’exploitation : produits agricoles, viande, graphite, mica partent vers l’Europe et font la richesse des intermédiaires et des colons.

Parallèlement à cela, le mouvement patriotique malgache se poursuit (ou la résistance anticoloniale), conduite par une société secrète au nom poétique de Vy, Vato, Sakelika (fer, pierre, ramification, dont la photo ci-contre présente ses membres) apparue dès les années 1910, composée d’intellectuels dont les revendications s’appuient sur une vision un peu idyllique du Japon, qui aurait su allier modernité et tradition, tout en préservant la souveraineté nationale. Les membres de ce mouvement sont arrêtés en 1915, et condamnés aux travaux forcés en 1921.

Entre 1919 et 1936, la colonisation économique atteint son apogée : l’administration coloniale fonde même la SMOTIG, une société chargée d’organiser le service du travail forcé non rétribué. Y sont assujettis quelque 12 000 Malgaches qui, malgré la dénonciation du Bureau international de travail de Genève, construisent routes, ponts, voies ferrées et hôpitaux. Le gouvernement du Front populaire supprime la SMOTIG en 1937. Le 7 avril 1938, le second gouvernement Blum facilite la naturalisation des officiers et diplômés malgaches.
Paradoxalement, alors qu’elle n’est en rien une période libre, égale et fraternelle (sauf pour les colons), la colonisation contribue en partie à l’éveil des idées de liberté. La République apporte à Madagascar ses principes fondateurs. Les élites malgaches récupèrent la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » dans leur combat pour l’indépendance. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, la syndicalisme malgache est très structuré.

3. La colonisation dans les grandes lignes

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La période coloniale va durer dans la pratique jusqu’à l’Indépendance le 18 juin 1960, même si l’Union française de 1946 et la « loi cadre » de 1956 stipulent une autonomie aux territoires d’outre-mer.

Le bilan de cette période coloniale est complexe : la colonisation répondait aux besoins des puissances européennes de nourrir leur révolution industrielle, d’acquérir des matières premières à bas prix, de disposer de terres cultivables, d’ouvrir des marchés et d’établir des bases militaires. Par conséquent, les grandes compagnies françaises reçoivent en concession plus de 600 000 ha de terres cultivables. Toutes les ressources agricoles, minérales et humaines de Madagascar sont mises au service de l’économie et des besoins de la France. La population malgache, soumise à l’impôt et au travail forcé, ne dispose d’aucun droit civique et politique. La répression des foyers de résistance est extrêmement brutale (villages rasés, chefs exécutés).
Pendant que les lobbies colonialistes, ceux de la Réunion et de Maurice en particulier, poussent à la « mise en coupe » de toutes les richesses de l’île, l’administration coloniale, pour assurer son contrôle, parachève le travail par les monarchies merinas, en réunissant sous une administration territoriale unique tous les peuples malgaches.

2. L’avant colonisation : seconde partie du XIXème siècle

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C’est sa femme, Rasoherina, qui prend le pouvoir, mais son règne, comme ceux qui suivirent, est marqué par la personnalité du Premier Ministre, qui épouse même successivement les trois reines! De son nom Rainilaiarivony (voir photo ci-contre), il amène sa deuxième femme Ranavalona II à se convertir au christianisme, ce qui fait scandale auprès des traditionalistes. Il réorganise le pays en se consacrant assidûment à la modernisation de l’Etat et s’avère un prudent politicien. Sur le plan extérieur, c’est l’heure de tous les dangers : la France et l’Angleterre doivent étayer leur révolution industrielle par des conquêtes coloniales, et les richesses de Madagascar attirent leurs convoitises.

En 1883, la première guerre franco-malgache éclate peu avant le décès de la reine en juillet de la même année. Rainilaiarivony ne peut résister à la pression de la France qui gagne la guerre en 1885 et qui de plus, se fait attribuer Madagascar au congrès de Berlin la même année. L’Etat malgache est contraint à souscrire un emprunt de 10 millions de francs à une banque française pour rétribuer un résident général et français mis en poste à Tana. L’impôt et le Trésor malgache s’en trouvent ruinés.

En 1890, tout s’accélère : l’Angleterre accepte le protectorat de la France sur Madagascar. Le Premier Ministre et la reine n’acceptent pas le fait accompli. La seconde guerre franco-malgache éclate en 1894 suite au décès de Jean Laborde (voir photo). La reine Ranavalona III se déclare seule héritière de ses biens, refusant de reconnaître les droits de sa famille. Malgré une résistance acharnée, l’armée malgache est défaite. Lorsqu’en 1895, les canons français bombardent le palais, la reine se soumet avant d’être exilée, deux ans plus tard, à la Réunion puis à Alger afin d’éloigner le symbole de la nation malgache. La monarchie et la féodalité sont abolies, l’esclavage interdit, et Rainilaiarivony écarté. La France nomme un résident général à sa place. Madagascar est intégrée à l’empire colonial français l’année suivante, en 1896.

                                                Aimée devant le palais de la reine à Tana

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